Nuanciers « Paran » & « Orée »
La demande d’espaces verts plus naturels, résilients et nécessitant peu d’entretien est en constante augmentation. Il faut dire que transformer un petit gazon ou une platebande monospécifique en un bel espace de biodiversité tout en diminuant les charges d’entretien (moins d’arrosage, pas de pesticides, cycles de tonte réduits), est plutôt séduisant. C’est cette idée qui nous a guidé sur l’élaboration de deux nouveaux nuanciers végétaux valorisant des plantes prairiales montagnardes de plein soleil.
Notre approche a consisté à sélectionner des espèces vivaces indigènes qui tolèrent une coupe annuelle ou bisannuelle, garantissent une floraison échelonnée du printemps à l’automne, apportent une « structure » au massif créé et constituent un habitat essentiel pour les pollinisateurs (abeilles, papillons) et autres auxiliaires. L’Achillée millefeuille, la Knautie des champs, la Mauve musquée, la Bétoine officinale, le Solidage verge d’or, le Silène fleur de coucou et le Silène enflé, ou encore la Marguerite d’Irkutzk figurent en tête et constituent le fond prairial fréquemment rencontré. Mais comment les implanter sur un espace fleuri ?
Effet prairial
Pour obtenir un effet « prairie fleurie », trois solutions s’offrent à vous :
1 / laisser évoluer tranquillement votre gazon qui s’enrichira avec le temps selon les plantes déjà présentes aux alentours ;
2 / Semer des espèces indigènes sur des petites plages de terre décapée ou griffée (le sol doit être nu pour que les semences puissent germer et échapper à la concurrence des graminées) ;
3 / Implanter des espèces judicieusement choisies pour enrichir le milieu cible à l’aide de plants (le sol doit être travaillé sur 50 cm2 autour de chaque plant de manière à éviter la concurrence des graminées le temps que le plant se développe)
4 / Créer des massifs entièrement dédiés aux plantes prairiales.
Quelle que soit la solution choisie, vous vous affranchirez de fastidieuses tontes d’herbe durant la belle saison et admirerez les papillons et autres pollinisateurs qui en profiteront pleinement. Une coupe d’entretien pourra être opérée à l’approche de l’hiver mais il convient de garder en tête que beaucoup d’insectes et petits animaux pourraient trouver refuge au sein de ces nouveaux espaces durant la mauvaise saison…



Leur agencement dépend du résultat souhaité : en mélange pour un résultat « naturel » ou en petits massifs juxtaposés pour un aspect plus conventionnel. Le premier agencement peut être amené à changer dans sa composition au fil du temps, en raison d’épisodes climatiques particuliers ou de la compétition naturelle entre certaines espèces. Le deuxième agencement demande plus d’entretien notamment au démarrage de la saison de végétation afin de respecter l’ambiance souhaitée au départ. Au fil du temps, les plantes occuperont vite l’espace et empêcheront les plantes moins désirées de prendre place. Dans les deux cas, il est nécessaire d’apporter un maximum de diversité pour s’assurer d’un impact positif sur la petite faune.
Mais quelles espèces choisir ? Astrance vous propose ici deux nuanciers de plantes adaptées aux sols frais et neutres, de moyenne montagne. Le nuancier « Orée » s’intéresse aux plantes des terrains pauvres tandis que le nuancier « Paran » propose des plantes de sols plus ordinaires…
À l’orée du bois
Cette palette se concentre autour d’espèces des sols relativement pauvres en nutriments mais appréciant des conditions fraîches, telles qu’on peut les rencontrer dans les prairies et lisières de moyenne montagne. On y retrouve l’Aigremoine eupatoire, la Campanules à feuilles lancéolées et la Campanule agglomérée, la Spirée commune, la Gentiane jaune, le Genêt sagitté ou encore le Genêt des teinturiers mais auxquelles ont peut également joindre quelques espèces des milieux pelousaires lorsque le sol est amené à s’assécher en été (voir nos nuanciers Costes, Caroux…).
Paran, la prairie de moyenne de montagne
Cette palette rassemble des plantes des sols ordinaires, plus ou moins riches en nutriments. Si les marguerites et les knauties figurent parmi les plantes prairiales les plus fréquentes, d’autres plus discrètes méritent tout autant notre intérêt tant des points de vue paysager qu’écologique. Ces espaces aux sols plus profonds accueillent au printemps, des Primevères, Narcisses des poètes et Jonquilles rapidement relayées par la Campanule étalée, la Sanguisorbe, la Valériane et la Saponaire officinales, la Centaurée jacée et le Milleperthuis perforé. Toutes figurent parmi ces nombreuses espèces susceptibles de nourrir un grand nombre de pollinisateurs.
Ces palettes végétales sont à retrouver dans nos publications. Toutes les plantes présentées ici sont cultivées en agriculture biologique et la plupart bénéficient du label Végétal local Massif central.



S. PERERA / ALIZARI 
