60 plantes sauvages pour les abeilles, bourdons et autres hyménoptères

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Parmi les insectes, les hyménoptères regroupent ceux pourvus de quatre ailes membraneuses, d’une tête séparée du thorax par un cou mince et de pièces buccales capables de broyer et lécher : il s’agit notamment des abeilles, des guêpes, des frelons ou encore des fourmis. Si l’Abeille domestique figure sans aucun doute parmi les espèces d’hyménoptères les plus connues, il est toujours surprenant de constater l’extraordinaire diversité du Vivant derrières ces espèces ambassadrices. Ainsi, plus de 11 000 espèces d’hyménoptères sont connues à travers l’Europe dont 8 000 en France. Et quand on parle d’abeilles, il est utile de rappeler que près d’un millier d’espèces d’abeilles sauvages sont recensées en France (dont 44 espèces de bourdons).

Jouant un rôle crucial dans la pollinisation de nombreuses plantes sauvages et cultivées, force est de constater que partout en France, ces précieux insectes ont subi une profonde régression en raison de la dégradation des espaces agricoles (pesticides, intensification des fauches et de la fertilisation, fragmentation des écosystèmes, urbanisation, pollution…). Selon l’UICN, 4% des espèces d’abeilles sont fortement menacées. Alors que faire ? Astrance vous propose 7 conseils pour contribuer à préserver ces insectes et leur offrir une palette végétale adaptée à leurs besoins.

7 conseils pour agir en faveur des abeilles, bourdons et autres hyménoptères

Que l’on soit agriculteur, aménageur d’espace vert ou jardinier amateur, bon nombre des conseils proposés ici peuvent contribuer à améliorer la situation s’ils sont appliqués, l’arrêt de l’utilisation des pesticides figurant parmi les priorités. Au-delà de la réduction des traitements phytosanitaires, la disponibilité d’une grande diversité de plantes sauvages aux floraisons réparties dans le temps constitue la meilleure assurance pour ces insectes…

1 – Zéro Pesticides

Cela va de soi, les pesticides participent directement à la destruction des insectes. Si l’on souhaite attirer les abeilles, abstenez-vous de tout traitement !

2 – Zen attitude

Faire le ménage dans son jardin comme on le ferait chez soi est particulièrement satisfaisant à l’oeil mais profondément redoutable pour la biodiversité. Adoptez une gestion différenciée ! Posez votre regard sur les recoins de votre jardin et définissez des espaces où la fréquence d’entretien peut être diminuée (tonte, débroussaillage…). Entassez les débris végétaux sur un espace dédié. Haies sèches, compost, tas de feuilles et branches… seront autant de lieux où les insectes pourront passer l’hiver au chaud !

3 – Terre à terre

Contrairement aux abeilles domestiques, la grande majorité des espèces d’abeilles et de bourdons sont solitaires et construisent leurs nids dans des substrats minéraux (talus secs, terres à nu, tas de sables, etc.) ou utilisent des tiges creuses dont elles maçonnent l’entrée. Installées près des vergers et potagers, elles contribuent significativement à la pollinisation (et donc à la fructification) des premières fleurs de printemps.

Près des zones où la pollinisation est attendue, on cherchera donc à créer des petits jardins de rocailles, des murets de pierres sèches ou enduits à la chaux, ou encore à laisser quelques talus dénudés. Un tas de sable abandonné devient vite un véritable hôtel à abeilles solitaires !

4 – Gazon ou prairie ?

Faut-il nécessairement tondre l’intégralité de votre surface engazonnée ? Est-il possible d’y aménager des bandes non tondues, a minima durant la saison printanière et estivale ? 

En différenciant des zones tondues / non tondues, vous apporterez une diversité d’habitats et de plantes indispensables à l’expression de la petite faune. Une fauche en fin d’automne ou début d’hiver peut être réalisée en cas de nécessité ou être envisagée l’année suivante dans le cas d’une rotation de zone gérée / non gérée. 

Certaines plantes précoces telles les renoncules, potentilles, véroniques assurent l’alimentation des abeilles et autres hyménoptères dès les premiers jours ensoleillés de l’année. Il peut donc être utile de retarder les premières tontes du printemps !

5 – À boire, tavernier !

Si le nectar est apprécié des abeilles, toutes les plantes n’en proposent pas ou ne le réservent qu’à certains insectes privilégiés ! Au fil de l’évolution, les pièces buccales des abeilles se sont adaptées à certaines formes de fleurs locales et sauvages, et inversement (c’est la co-évolution). De manière générale, évitez les fleurs « doubles » (très denses en pétales) créées par l’homme. Elles sont souvent stériles ou épuisent les insectes en rendant le nectar inaccessible.

Certaines plantes, comme celles présentées dans ce guide, se montrent ainsi plus adaptées et donc plus attractives. La plupart des plantes sauvages indigènes ont calqué leur période de floraison sur les périodes d’activités des insectes afin d’assurer leur pollinisation…

Si l’humidité du sol favorise la production de nectar et que ce dernier constitue une ressource sucrée appréciée des abeilles, ces dernières, comme tous les êtres vivants, nécessitent un accès à l’eau pour boire. Près des fleurs, il peut être utile de disposer une réserve d’eau, de faible profondeur, munie de cailloux ou de végétaux sur lesquels elles pourront se poser sans se noyer.

6 – Du pollen sinon rien

Si le nectar est le «  carburant   » (sucre) des abeilles, le pollen est leur seul apport en protéines notamment pour nourrir les larves et assurer la survie de la colonie. Certaines plantes (pissenlits, coquelicots, trèfles, bleuets…) et arbres en produisent en abondance, y compris en fin d’hiver (saules, noisetiers, ajoncs).
À l’automne, le Lierre constitue une ressource abondante et vitale pour une grande diversité d’insecte. Pour assurer la disponibilité du pollen tout au long de l’année, diversifiez les plantes de vos massifs pour étaler la floraison.

7 – Émerveillez-vous !

Prenez le temps d’observer les insectes s’activer autour des massifs de fleurs sauvages créés par vos soins. Admirez les résultats de vos efforts, soyez fier de vous et encouragez votre entourage à s’inspirer de votre expérience !

Notre nuancier végétal pour les abeilles, bourdons et autres hyménoptères

Une bonne soixantaine de plantes produites par la Pépinière Astrance se montrent particulièrement favorables pour les hyménoptères. Ces espèces doivent être choisies, bien évidemment, selon les caractéristiques du sol d’accueil. Les palettes végétales indiquées ci-après sont à retrouver dans nos publications. Toutes les plantes présentées ici sont cultivées en agriculture biologique et la plupart bénéficient du label Végétal local Massif central.

Sur sols secs et ensoleillés : Aulx divers, Lins, Armérie des sables, Calaments, Callune, Campanules diverses, Centaurées, Ciste à feuille de sauge, Coronille bigarée, Bleuet des moissons, Genêts, Carotte sauvage, Digitale pourpre, Chardon bleu, Vipérine commune, Bruyère cendrée, Hélianthèmes, Ellébores, Séneçon à feuille d’adonis, Jasione lisse, Jasione des montagne, Knautie des champs, Gesse à feuilles larges, Lavande stéchade, Mauve musquée, Origan commun, Sauge des prés, Scabieuse colombaire, Orpins, Épiaire droite, Tanaisie commune, Germandrée petit-chêne, Thyms, Silène visqueux

Sur sols frais et ensoleillés : Cerfeuil des prés, Ancolie commune, Campanules, Chicorée vivace, Centaurées, Bleuet des montagnes, Géranium des bois, Lierre grimpant, Chèvrefeuilles, Myosotis

Sur sols humides et ensoleillés : Adénostyle à feuilles d’alliaire, Eupatoire chanvrine, Lysimaque commune, Salicaire commune, Menthes, Renouée bistorte, Succise des prés, Valériane officinale